L’intestin de la grande ville – Les égouts et l’hygiène à Paris à la fin du XIXe siècle

Des vapeurs empestées s’abattent sur Londres en 1858 et sur Paris en 1880 à la faveur de deux vagues de chaleur. Ces odeurs insupportables sont-elles dangereuses pour la santé ? Londres avait dû se rendre à l’avis de John Snow sur l’origine hydrique du choléra et rejeter la vieille idée des miasmes, et surtout revenir sur la stratégie folle consistant à déverser directement les excréments humains dans la Tamise afin de détruire les fosses d’aisance. La Grande Puanteur oblige les autorités londoniennes à mettre en chantier des égouts modernes coupant tout aller-retour entre la vidange et l’alimentation en eau potable de la ville. Paris suit le même chemin avec trente ans de retard. On retrace ici cette « crise au ralenti » que fut la bataille du tout-à-l’égout. Étendue sur plus de dix ans, la discussion orageuse n’a pas opposé partisans du miasmatisme et chevau-légers de la bactériologie, mais bien les caciques de la santé publique (miasmes et pastorisme mêlés) aux ingénieurs de la ville, émules des ingénieurs londoniens.

Un article de Patrick Zylberman, professeur d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique et au Centre Virchow-Villermé, dans Les Tribunes de la santé (automne 2017).

Retrouvez l’article complet sur le site des Tribunes de la santé

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