Où : quels sont les lieux où s’exercent les violences faites aux femmes ? 

Espaces publics, sphère domestique et cyberespace

Même si l’espace public recouvre un grand nombre de situations de rencontres pouvant exposer les filles et les femmes à des personnes à la fois connues et inconnues, comme les  voisins et les professionnels des services publics de santé, de police, c’est surtout au sein de l’espace domestique, des lieux privés, dans le contexte familial et les relations avec les proches, les conjoints et ex-conjoints, que trois femmes sur quatre subissent l’essentiel des violences sexuelles et des tentatives de viols et des viols. Enfin, les médias numériques sont les lieux et les moyens où se perpétue une culture de la violence sexiste touchant les filles et les femmes, même si les garçons et les adolescents sont aussi touchés par le phénomène.

Les espaces publics

L’espace public, souvent assimilé à la rue et aux lieux d’extérieur, renvoie aussi à d’autres espaces de vie tels que les institutions scolaire et universitaire, mais aussi le milieu professionnel. Les lieux d’études ou d’activité professionnelle sont principalement le cadre d’agressions sexuelles entre pairs et entre collègues, entre supérieurs et subordonnés, enseignants et élèves, mais aussi dans les rapports avec la clientèle.

  • Données

    • 62,5% des femmes insultées dans l’espace public par un inconnu ont fait l’objet d’une insulte sexiste comme le montre cette analyse lexicale. (Cf. « nuage de mots » dans l’onglet Pour aller plus loin )*
  • Vidéo

Le harcèlement sexuel au travail

La sphère des violences domestiques et/ou familiales

La famille et l’entourage proche constituent un espace majeur de victimation.

Les violences domestiques et/ou familiales sont l’expression du pouvoir exercé par une  personne sur une autre personne dans une relation intime. Ce sont le plus souvent des  abus physiques, psychologiques, sexuels, financiers et de langage. Très majoritairement,  ces abus sont exercés par des hommes et subis par des femmes.

  • Vidéo

Les médias numériques

Les violences, en particulier sexuelles et sexistes, trouvent sur le web, dans les médias sociaux et dans les ressources audio, vidéo et photo en circulation, un nouvel espace de communication qui remet en question la nature et les modes de transmission des valeurs. Les films pornographiques transmettent des modèles de filles/femmes comme objets sexuels de jouissance, soumises au plaisir dominateur, et très souvent violent, des hommes. Des modèles stéréotypés de comportements et d’attitudes abîment les représentations des personnes  des deux sexes et remplacent l’éducation à la sexualité comme construction des personnes et formation des comportements individuels responsables.

Les cyberviolences recouvrent en fait des situations diverses comme des photos et/ou des vidéos intimes mises en circulation sans autorisation ; des images pornographiques ou violentes réelles ou trafiquées qui visent à humilier une personne ou nuire à sa réputation ; des messages sur les réseaux sociaux ou des SMS qui créent ou alimentent des rumeurs.

  • Données
    • 40% des collégiens et des lycéens déclarent avoir été victimes de cyberviolence au moins une fois pendant l’année scolaire (sms, réseaux sociaux…)** ;
    • 73% des femmes ont déjà été confrontées à des violences sur internet et les femmes âgées de 18 à 24 ans sont très majoritairement  victimes de harcèlement criminel ou sexuel. En France, c’est une collégienne sur cinq qui serait concernée ;
    • 63% des garçons de 15 à 17 ans (37% des filles) ont surfé sur des sites pornographiques, le plus souvent à partir de leur smartphone.***
  • Vidéo

Cyber-harcèlement :

 

  • Lien

L’Education nationale et l’association e-Enfance, en partenariat avec Facebook, ont édité un “Guide pratique pour lutter contre le cyber-harcèlement entre élèves“.

Ici et là-bas : les  mutilations génitales féminines (MGF)

Longtemps considérées comme des pratiques coutumières, et à ce titre acceptables, les MGF sont désormais considérées comme des persécutions et des violences faites aux femmes. Les MGF sont aussi un enjeu de santé et de droits pour certaines populations immigrées sur le territoire français. Depuis 2012, la France reconnait les MGF comme un motif recevable à la demande d’asile.

  • Données mondiales
    • Les filles de 14 ans et moins représentent 44 millions du total des personnes excisées. Les pays où la prévalence des MGF chez les filles et les femmes de 15 à 49 ans est la plus élevée sont la Somalie (98 %), la Guinée (97 %) et Djibouti (93 %)**** ;
    • On estime qu’il y a au moins 20 000 femmes et 10 000 fillettes mutilées ou menacées de l’être résidant sur le territoire français.  Il est probable que le nombre de fillettes concernées est bien supérieur.
  • Vidéos

« Ici » par Florence Francillon :

« Là-bas », par Aurélie Desrumaux :

 

 

Net Ecoute,  N° téléphonique contre le cyber-harcèlement subi dans l’enfance et l’adolescence : 0800 200 200

N° d’appel  SOS Viols Femmes Informations : 0 800 05 95 95

N° unique pour orienter les femmes victimes de violences, gratuit et ouvert 7j/7 : 3919

Ecoute violences Femmes handicapées : 01 40 47 06 06 

 La solution, c’est d’en parler : Jeunes Violences Ecoute 0808 807 700

Violences privées. Documentaire Arte

Le talk Violences conjugales : plus jamais çà

Article : les violences conjugales un objet nouvellement saisi par la statistique française

Sources

* La lettre de l’observatoire national des violences faites aux femmes

**http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/wpcontent/uploads/2015/10/2015_non_harcelement_guide_prevention_cyberviolence_WEB.pdf

***Article : La consultation des sites pornographiques en hausse chez les 15 – 17 ans

****  Rapport UNICEF sur les mutilations génitales

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