Ce que les hommes, aussi, doivent à Françoise Héritier

Après le décès de l’ethnologue et anthropologue Françoise Héritier hier, Serge Rabier revient dans The Conversation France sur les travaux qu’elle a mené concernant l’égalité de genre. 

La disparition de Françoise Héritier est l’occasion de reprendre, bien modestement, les innombrables pistes de réflexion qu’elle a défrichées et qui parcourent beaucoup de champs des sciences sociales, bien au-delà de l’anthropologie.

Dans Une pensée en mouvement (Odile Jacob, 2009), Françoise Héritier écrivait :

« Le point aveugle de l’anthropologie se situe dans le questionnement du statut du masculin… et plus précisément du masculin adulte… la virilité adulte dont on ne parle pas ».

Souvent au cours de ses interventions, même si cela n’était pas souvent relevé, Françoise Héritier évoquait la nécessité de transformer la vision masculine, c’est-à-dire la vision que les hommes ont de la compréhension et de l’organisation du monde. Au risque d’en heurter beaucoup, elle pensait qu’il ne revenait pas qu’aux femmes de transformer les représentations et les injonctions dont elles étaient les victimes, mais que femmes et hommes devaient ensemble transformer la vision masculine du monde, voire qu’il fallait convaincre les hommes de s’attaquer par eux-mêmes aux représentations dont ils étaient tout à la fois les bénéficiaires et les victimes.

 

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Article de Serge Rabier, chercheur associé au Centre Virchow-Villermé, dans The conversation France, 15 novembre 2017

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