Inscriptions aux MOOC en santé publique, c'est parti !

Le Centre Virchow-Villermé de Santé Publique Paris-Berlin créé le 15 avril dernier avait inscrit sur sa feuille de route de bâtir une plateforme de MOOC (acronyme pour Massive Open Online Courses, ou « enseignement gratuit à distance destiné à un très large public »). Cette plateforme devait être dédiée à la santé publique et la santé globale. Rapidement, la collaboration franco-allemande (entre Sorbonne Paris Cité et Charité-Universitätsmedizin Berlin) s’est tournée vers l’Inria, ce magnifique institut de recherche en informatique et en mathématique, qui a inscrit début 2013 au sommet de ses priorités stratégiques le développement des MOOCs. Et la volonté gouvernementale de fonder une plateforme nationale plutôt que d’éparpiller ses efforts sur de multiples projets foisonnants a permis de sélectionner les développements de l’Inria comme ceux s’imposant aujourd’hui à toutes les universités françaises. L’étape suivante sera de convaincre les autorités européennes du bien fondé des choix qui ont été effectués, et de l’importance stratégique pour les universités européennes de relever la tête face aux majors nord-américaines qui aujourd’hui occupent une place hégémonique sur ce créneau très porteur de l’enseignement gratuit, de masse, et à distance. L’une des plateformes affichent déjà 3,7 millions d’inscriptions… Dans le domaine de l’aéronautique, l’Europe a su s’organiser suffisamment tôt, s’allier et se construire un leadership mondial. L’enseignement supérieur représente un secteur capital pour nos sociétés et nos économies, et les MOOCs, un enjeu qui ne pouvait pas être ignoré trop longtemps.

Les choix technologiques faits par l’Inria ont été d’abord pragmatiques. Ne pas réinventer la roue et marcher à grands pas. Partir de l’existant, pourvu qu’il soit « open source » (logiciels gratuits et modifiables par les utilisateurs), et ainsi gagner un temps précieux de développement. Un peu comme certains Airbus sont équipés de motorisation General Electric (US), la plateforme de MOOC de FUN (France Université Numérique) est équipée d’Open edX (logiciel du consortium US sans but lucratif associant Harvard University et le MIT). Grâce à ces choix, contestés par certains évidemment, les utilisateurs que nous sommes bénéficient des derniers développements d’une plateforme haut de gamme, et de la communauté des développeurs qui la feront évoluer vers de nouveaux sommets plus élevés. Nous avons probablement économisé 2 ans de développements, et nous pouvons nous aligner sur le même niveau pour poursuivre les améliorations du système. Car nul ne doute que la plateforme FUN aujourd’hui s’apparentera dans 6 mois, 2 ans, 5 ans ou peut-être 10 ans aux vieux téléphones mobiles devenus disgracieux et obsolètes devant nos smartphones. En cela, il fallait faire équipe avec l’Inria, un institut de recherche publique parmi les plus brillants du monde dans le domaine des technologies de l’information, car développer des MOOCs s’apparente davantage à une aventure de recherche qu’à une prestation d’ingénierie, fût-elle complexe.

Aujourd’hui, 28 octobre 2013, la France colbertiste et un zeste gaullienne, a lancé sa plateforme de MOOC, telle la liberté guidant le peuple, en concurrence frontale et affichée avec les expériences déjà réussies outre-atlantiques (qui ont su attirer plus d’une université européenne dans son giron). Certains critiqueront dans l’entreprise une arrogance française de retour. D’autres dénonceront probablement les bugs ou autres pannes lorsqu’ils ne manqueront pas de se produire, comme pour toute initiative du domaine de l’informatique à ses débuts. Mais si, grâce à ces efforts, il ressort à terme que l’Europe aura su se tailler une place significative dans ce qui sera possiblement un outil indispensable à l’université de demain, alors, on retiendra l’intérêt et l’utilité, lorsqu’elle est employée à bon escient, d’une telle approche dans notre économie globalisée. L’objectif n’est pas de rester franco-français, sinon nous aurions tout faux évidemment. La coopération franco-allemande Virchow-Villlermé en matière de santé publique veut d’ailleurs servir l’Europe toute entière, et bien sûr aussi la santé globale. Mais il faut aussi reconnaître que nous manquons cruellement de matériel éducatif en langue française (ou arabe, ou russe ou chinoise…), alors qu’il existe une profusion de MOOCs en langue anglaise.

Donc, est-ce par intérêt personnel pour les sujets de nos cours que vous avez souhaité vous inscrire ? Ou bien est-ce votre soutien à cette initiative ? Ou votre désir d’aller « voir ce que c’était », ou encore votre volonté de participer à une aventure historique ? Peu nous importe finalement, tous les motifs sont bons ! Rejoignez ainsi la cohorte de ceux qui dès à présent s’inscrivent à nos cours de MOOC sur le Centre Virchow-Villermé (qui débuteront en janvier prochain). Les quatre premiers cours qui dureront chacun de 5 à 6 semaines (nous envisageons d’en déposer 70 sur la plateforme d’ici cinq ans, avec la participation des meilleurs experts du monde entier) sont enseignés en langue française, avec un sous-titrage en français, en anglais et en allemand (de même que les illustrations du cours).

Visitez la plateforme FUN et inscrivez-vous vite !

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